Le Monde d’hier de Stefan Zweig

Prochainement ....Le Monde d’hier, Souvenir d’un européen de Stefan Zweig
mardi 23 octobre 2018
par  Alain Daffos

Mise en scène Jean Stéphane

Adaptation et Interprétation Alain Daffos
_
Traduction en langue française de l’allemand Dominique Tassel - Edition Gallimard

Création lumière Didier Glibert

Création sonore Aline Loustalot

Production Cie La Part Manquante - Cie Douce Amère

Partenaires - demandes en cours - Région Occitanie / Pyrénées - Méditerranée , Conseil Départemental de La Haute-Garonne, Mairie de Toulouse

Résidences de création Le tortill’art - Saint Amans Soult (Tarn), Cave Poésie - Toulouse -

Tout public à partir de 15ans

Rédigé en 1941 au Brésil où le triomphe du nazisme en Autriche a contraint Zweig à émigrer, Le Monde d’hier raconte une perte : celle d’un monde de sécurité et de stabilité apparente, où chaque chose avait sa place dans un ordre culturel, politique et social qui nourrissait l’illusion de l’éternité. Un monde austro-hongrois et une ville sans égale, Vienne, qu’engloutira le cataclysme de 1914.
Dans ce qui est l’un des plus grands livres-témoignage sur l’évolution de l’Europe de 1895 à 1941, Zweig retrace dans un va-et-vient constant la vie de la bourgeoisie juive éclairée, moderne, intégrée, et le destin de l’Europe jusqu’à son suicide, sous les coups du nationalisme, de l’antisémitisme, de la catastrophe de la première Guerre mondiale et de l’effondrement de l’Empire austro-hongrois, sans oublier le rattachement de Vienne au Reich national-socialisme. Ce tableau d’un demi-siècle de l’histoire de l’Europe résume le sens d’une vie, d’un engagement d’écrivain, d’un idéal d’une république de l’intelligence par-dessus les frontières. - Jean Stéphane Metteur en scène -

|

Je suis né en 1881 dans un grand et puissant empire, celui des Habsbourg, mais qu’on ne le cherche pas sur la carte ; il en a été effacé sans laisser de traces. J’ai été élevé à Vienne, la métropole deux fois millénaires qu’il m’a fallu quitter comme un criminel avant qu’elle fut humiliée jusqu’à n’être plus qu’une vieille province allemande. Mon œuvre littéraire a été réduite en cendres dans le pays même où mes livres s’étaient faits des amis de millions de lecteurs. C’est ainsi que je n’ai plus de lien nulle part, étranger partout, hôte tout au plus là où le sort m’est le moins hostile ; même la vraie patrie que mon cœur a été élue, l’Europe, est perdue pour moi depuis que, pour la seconde fois, prise de la fièvre du suicide, elle se déchire dans une guerre fratricide. Contre ma volonté j’ai été le témoin de la plus effroyable défaite de la raison et du plus sauvage triomphe de la brutalité. Jamais, je ne le note point avec orgueil, mais avec un sentiment de honte, une génération n’est tombée comme la nôtre d’une telle puissance intellectuelle dans une telle décadence morale. Mon aujourd’hui est si différent de chacun de mes hiers, qu’il me semble parfois avoir vécu non pas une existence, mais plusieurs, toutes diverses. Si je dis sans y prendre garde : « Ma vie », je me demande : laquelle de mes vies ? » Celle d’avant la première guerre mondiale, d’avant la seconde, ou ma vie de maintenant ? Si je me surprends à dire : « Ma maison » laquelle de mes anciennes demeures j’entends parler, de celle de Bath, de Salzbourg, ou de ma maison paternelle à Vienne ; et si je dis « chez nous », je me souviens aussitôt avec effroi que depuis longtemps je n’ai plus de patrie.

Stefan Zweig, Le Monde d’hier, Souvenirs d’un européen

Date de création

13 au 16 Mars 2019La Cave Poésie René Gouzenne - Toulouse -


Navigation

Articles de la rubrique

Agenda

<<

2018

 

<<

Novembre

 

Aujourd'hui

LuMaMeJeVeSaDi
2930311234
567891011
12131415161718
19202122232425
262728293012
Aucun évènement à venir les 6 prochains mois